{"id":5501,"date":"2020-05-30T22:20:57","date_gmt":"2020-05-30T20:20:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sauver-le-guirbaden.fr\/?p=5501"},"modified":"2020-05-30T22:20:57","modified_gmt":"2020-05-30T20:20:57","slug":"legendes-autour-du-guirbaden-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sauver-le-guirbaden.fr\/index.php\/2020\/05\/30\/legendes-autour-du-guirbaden-2\/","title":{"rendered":"L\u00e9gendes autour du Guirbaden 2"},"content":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 l&#8217;article du mois pr\u00e9c\u00e9dent, voici les 2 derni\u00e8res l\u00e9gendes extraites du livre\u00a0\u00a0d\u2019Armand KIEFFER\u00a0 sur le Guirbaden (1968), qu&#8217;il avait retranscrites du manuscrit\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0de 1862 du cur\u00e9 KRAMER de Niederhaslach.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-5503 size-medium\" src=\"https:\/\/www.sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit-300x216.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit-300x216.jpg 300w, https:\/\/sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit-768x552.jpg 768w, https:\/\/sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit-600x431.jpg 600w, https:\/\/sauver-le-guirbaden.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/1820-Henri-Charles-Mueller-c\u00f4t\u00e9-du-nord-r\u00e9duit.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>LE<\/strong> <strong>ROCHER DE CATHERINE<\/strong><\/p>\n<p>Quand on se dirige du Girbaden vers Grendelbruch par le chemin qui passe par le ch\u00e2teau, on rencontre \u00e0 sa droite de grands rochers. Un de ces rochers s\u2019appelle \u00abCatharinenstein\u00bb et un petit amas de pierres qui en est proche s\u2019appelle \u00abCatharinenh\u00fctte\u00bb (Cabane de Catherine) et en voici l\u2019origine :<\/p>\n<p>Le Seigneur de Girbaden avait pris la croix, et \u00e9tait pass\u00e9 en Palestine, afin d\u2019y combattre contre les infid\u00e8les pour la cause sainte. Il avait pris avec lui son fils unique, et n\u2019avait laiss\u00e9 dans le ch\u00e2teau que sa fille unique, nomm\u00e9e Catherine, fille tr\u00e8s aim\u00e9e, pieuse et vertueuse, prot\u00e9g\u00e9e pendant l\u2019absence du p\u00e8re par quelques vieux serviteurs \u00e9prouv\u00e9s et par une domesticit\u00e9 fid\u00e8le. La s\u00e9paration fut douloureuse, car Catherine avait de tristes pressentiments qui se r\u00e9alis\u00e8rent d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9plorable. Le p\u00e8re p\u00e9rit dans un combat en se battant vaillamment, et le fr\u00e8re resta longtemps absent, ne voulant pas rentrer dans sa patrie avant la fin de la guerre et lorsqu\u2019il rentra enfin chez lui, il fut assassin\u00e9 par une main rest\u00e9e inconnue, au moment m\u00eame, o\u00f9 il mettait le pied sur le sol de l&#8217;Alsace.<\/p>\n<p>La mort du p\u00e8re et la trop grande absence du fr\u00e8re attir\u00e8rent \u00e0 la pauvre Catherine les plus grandes adversit\u00e9s. Un chevalier des environs, soit haine contre la famille de Girbaden, soit envie contre leur fortune, soit d\u00e9sir d\u2019occuper cet Important ch\u00e2teau, voyant que le chevalier de Girbaden et son fils ne revenaient pas, jugea que le moment \u00e9tait propice pour s&#8217;emparer du ch\u00e2teau. Il arriva donc un jour \u00e0 l&#8217;improviste avec sa troupe et prit possession du Girbaden sans aucun combat, la pauvre Catherine n\u2019ayant \u00e0 lui opposer que ses larmes et ses pri\u00e8res. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas pour se laisser vaincre par les larmes d\u2019une fille que le d\u00e9loyal chevalier s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 si injustement du ch\u00e2teau. Il commen\u00e7a par d\u00e9clarer, que tout ce qui y \u00e9tait lui appartenait, puis, sans avoir piti\u00e9 de la pauvre Catherine, il la chassa dehors avec toute sa domesticit\u00e9. La pauvre orpheline, frapp\u00e9e de terreur, s\u2019enfuit pour \u00e9chapper \u00e0 de plus mauvais traitements ; mais l\u2019amour de la maison paternelle l\u2019emp\u00eacha de s\u2019\u00e9loigner beaucoup. Elle alla se cacher dans la for\u00eat entre Girbaden et entre Grendelbruch, se construisit une maisonnette aupr\u00e8s d\u2019un grand rocher et y fixa sa demeure, pour pouvoir jeter ses regards tous les jours sur le ch\u00e2teau de Girbaden ; elle v\u00e9cut ainsi bien tristement, en attendant le retour de son p\u00e8re et de son fr\u00e8re. Pauvre enfant ! Elle ne savait pas que son p\u00e8re \u00e9tait tomb\u00e9 sous le fer des Sarrasins et que son fr\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par ses ennemis \u00e0 son retour en Alsace. Catherine les attendait toujours, croyant chaque matin les voir rentrer au Girbaden avec leurs valets de guerre, quand la mort, touch\u00e9e de tant de larmes, vint frapper \u00e0 la porte de cette pauvre cabane, pour mettre fin \u00e0 tant d\u2019espoir inutile. Catherine mourut pour aller voir dans le ciel, ceux qu\u2019elle ne pouvait jamais plus voir dans ce monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>LE TRESOR DU GIRBADEN<\/strong><\/p>\n<p>Un jour un touriste arriva dans ces ruines, et pendant qu\u2019il les parcourait \u00e0 l\u2019aventure, il vit soudain \u00e0 ses pieds un charmant bouquet de fleurs toutes fra\u00eeches. Or, il faut vous dire, que ce bouquet est le talisman qu\u2019il faut poss\u00e9der pour pouvoir entrer en possession du tr\u00e9sor cach\u00e9 au Girbaden. Sans savoir ce que ce bouquet signifie, l\u2019\u00e9tranger le ramasse et tout en l\u2019examinant, il fait encore quelques pas quand, relevant soudain la t\u00eate, il se voit plac\u00e9 sous la porte d\u2019entr\u00e9e d\u2019une vaste salle meubl\u00e9e \u00e0 l\u2019antique, avec des troph\u00e9es d\u2019armes du temps des anciens chevaliers. Au milieu de la salle, un homme occup\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et absorb\u00e9 dans des pens\u00e9es profondes, \u00e9tait assis \u00e0 une table. L\u2019\u00e9tranger stup\u00e9fait, ne savait que penser, et ne trouvait pas la force pour prof\u00e9rer une seule parole. Peu \u00e0 peu il reprit courage et s\u2019avan\u00e7ant lentement et \u00e0 petits pas, il arriva enfin devant la table o\u00f9 se trouvait toujours le myst\u00e9rieux \u00e9crivain : il put ainsi le contempler \u00e0 son aise. C\u2019\u00e9tait en effet un vieillard qui \u00e9crivait et qui portait un costume tout inconnu. Mais c\u2019\u00e9tait un vieillard tellement vieux qu&#8217;il ne peut s&#8217;en faire une id\u00e9e. Ses cheveux, sa figure, ses habits, ses mains, ses doigts, sa plume, son papier, la table, la chaise ; tout \u00e9tait couvert d\u2019une mousse verte, fine et humide, ce qui faisait voir qu\u2019il devait \u00eatre assis l\u00e0, depuis bien du temps d\u00e9j\u00e0. Notre touriste n\u2019\u00e9tait pas trop \u00e0 son aise dans une telle soci\u00e9t\u00e9 ; il sentait qu&#8217;il se trouvait en pr\u00e9sence d\u2019un \u00eatre surhumain ; il aurait voulu revenir sur ces pas et sortir de ce lieu, mais il \u00e9tait comme clou\u00e9 \u00e0 la terre et ne pouvait remuer un pied. Tout \u00e0 coup le vieillard cessa d\u2019\u00e9crire, posas plume sur sa table et se redressa lentement sur son si\u00e8ge, il ouvrit ses yeux et porta son regard sur l\u2019\u00e9tranger qui se tenait devant sa table. Dans ce moment l&#8217;aspect du vieillard \u00e9tait effrayant : sa figure verte, ses yeux ternes, lis\u00e9r\u00e9s de rouge et enfonc\u00e9s dans leur orbite, tout \u00e9tait repoussant. Il allait ouvrir sa bouche probablement pour demander \u00e0 son visiteur ce qu\u2019il voulait, quand celui-ci, pris de vertiges, laissa subitement tomber son bouquet, qu&#8217;il avait jusqu&#8217;ici tordu et tourn\u00e9 machinalement dans ses doigts, et aussit\u00f4t tout disparu&#8230; et le pauvre touriste se retrouva seul au milieu des ruines du Girbaden, qu&#8217;il abandonna aussit\u00f4t, pour ne jamais plus y remettre le pied.<\/p>\n<p>Une autre fois, ce fut un jeune gar\u00e7on qui s\u2019aventura dans les ruines avec les ch\u00e8vres qu\u2019il avait \u00e0 garder. Il trouva de m\u00eame, le bouquet myst\u00e9rieux, et sans savoir ce que ce bouquet signifiait, il l\u2019attacha \u00e0 sa casquette. A peine eut-il encore fait quelques pas, qu\u2019il se vit \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une vaste salle dont la porte \u00e0 deux battants \u00e9tait ouverte. N\u2019y voyant personne, il se hasarda \u00e0 y entrer peu \u00e0 peu. Tout \u00e0 l\u2019entour de la salle, il y avait de grandes armoires ouvertes et pleines d\u2019habillements de toutes sortes ; et au milieu de la salle \u00e9taient des tables charg\u00e9es d\u2019or et d\u2019argent. Le bon petit gar\u00e7on \u00e9tait encore trop innocent pour savoir faire usage des richesses que la fortune mettait entre ses mains, et ne jugeant que d\u2019apr\u00e8s les besoins de son \u00e2ge, il s\u2019arr\u00eata devant une armoire toute pleine d\u2019habits d\u2019enfants. Il s\u2019y choisit un habit tout neuf et tout ajust\u00e9 \u00e0 son corps, et l\u2019\u00e9changea contre ses guenilles qu\u2019il suspendit \u00e0 sa place. Puis, apr\u00e8s un peu de r\u00e9flexion, il poussa la cupidit\u00e9 et l\u2019ambition si loin, il prit encore un habit de dimanche et sans toucher \u00e0 tout le reste, ivre de joie, d\u2019\u00eatre si bien fourni, il se sauva \u00e0 toutes jambes, comme un petit voleur, sans plus regarder derri\u00e8re soi, sans penser m\u00eame \u00e0 ses ch\u00e8vres, et ne cessa de courir que lorsqu\u2019il fut parvenu au pied de la montagne, dans la maison de ses parents. Je laisse \u00e0 penser quel fut leur \u00e9tonnement en voyant leur enfant habill\u00e9 tout de neuf et pourvu encore d\u2019un habit de rechange. Mais lorsqu\u2019il leur eut racont\u00e9 tout ce qu\u2019il avait vu, son p\u00e8re le gronda de ne pas avoir pris de l\u2019or et de l\u2019argent autant qu\u2019il en aurait pu porter. Oh ! s\u2019il n\u2019y a que cela, reprit l\u2019enfant, venez avec moi, je sais bien o\u00f9 tout cela se trouve, nous en prendrons tout ce que nous voudrons ! Sur cela, le p\u00e8re et la m\u00e8re et les autres enfants, munis de sacs et de corbeilles, suivirent le petit gar\u00e7on, qui retrouva \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 dans les ruines du Guirbaden, les ch\u00e8vres qu\u2019il y avait laiss\u00e9es, mais de tout ce qu il avait vu, il ne retrouva plus rien ! Le bon petit, en courant avec tant de pr\u00e9cipitation, avait perdu son talisman, le bouquet n\u2019\u00e9tait plus \u00e0 sa casquette, l&#8217;heure de poss\u00e9der le tr\u00e9sor \u00e9tait pass\u00e9e pour lui !<\/p>\n<p>Voici la troisi\u00e8me histoire, la plus \u00e9tonnante \u00e0 coup s\u00fbr. Un jeune tisserand, du nom de Fran\u00e7ois, nouveau mari\u00e9 et par cons\u00e9quent, passablement g\u00ean\u00e9 dans les finances, habitant \u00e0 ce qu\u2019on m\u2019a dit un de ces villages qui sont au pied de la montagne du Girbaden se leva un jour de grand-matin, bien longtemps avant le soleil pour chercher dans la for\u00eat, une charge de bois-mort, avant que de se mettre \u00e0 l&#8217;ouvrage. Il monta jusqu&#8217;aux environs du Girbaden et ne fut pas peu surpris, d&#8217;entendre d\u00e9j\u00e0 des voix de personne qui se parlaient avec animation. On est bien habitu\u00e9 \u00e0 voir des \u00e9trangers \u00e0 toutes les heures de la journ\u00e9e, allant visiter ces ruines ; mais \u00e0 un tel moment, longtemps avant le lever du soleil, c&#8217;est quelque chose d&#8217;inusit\u00e9. Fran\u00e7ois s&#8217;arr\u00eate, pr\u00eate une oreille attentive pour distinguer le sens des paroles, mais ne pouvant rien comprendre, il s&#8217;approche toujours d&#8217;avantage de l&#8217;endroit d&#8217;o\u00f9 partent ces voix. Arriv\u00e9 sur le bord d l&#8217;un des foss\u00e9s de la forteresse, il voit dans ce foss\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;hommes tr\u00e8s bien mis, mais portant un costume tout \u00e9tranger au pays, et occup\u00e9s \u00e0 jouer aux quilles. Sans \u00eatre aper\u00e7u, notre jeune homme, cach\u00e9 derri\u00e8re un petit buisson, remarque bient\u00f4t, que ces joueurs avaient principalement des contestations entre eux, \u00e0 cause des quilles \u00e0 redresser et des boules \u00e0 ramener, personne d&#8217;eux voulait s&#8217;entendre \u00e0 cette besogne, tous voulaient jouer. Pensant donc qu&#8217;il pourrait faire une bonne journ\u00e9e, en se chargeant de ce soin, Fran\u00e7ois descendit vite dans le foss\u00e9 et offrit ses services qui furent accept\u00e9s avec plaisir, \u00e0 ce qu&#8217;il put en juger par les gestes des joueurs, car pour le langage qu&#8217;ils parlaient, il n\u2019en comprit rien. A peine s\u2019\u00e9tait-il install\u00e9 pr\u00e8s du &#8216;jeu de quilles que ces Messieurs se mirent \u00e0 jouer avec une ardeur et une passion indicible. Les heures s\u2019\u00e9coul\u00e8rent, le soleil se leva, marqua midi se coucha et le jeu augmenta toujours de vivacit\u00e9, personne ne parlait ni ne manger, ni de boire, ni de reposer. Fran\u00e7ois n\u2019en pouvait plus, les boules se succ\u00e9daient avec une telle rapidit\u00e9, qu&#8217;il ne pouvait plus redresser assez vite les quilles renvers\u00e9es ; \u00e0 chaque coup, les myst\u00e9rieux joueurs parlaient et se disputaient avec plus de feu, et la nuit s\u2019avan\u00e7ait \u00e0 grand pas sans qu\u2019on parl\u00e2t de cesser, on jouait aussi facilement au clair de lune, comme on avait jou\u00e9 en plein midi. Enfin Fran\u00e7ois, ruisselant de sueur, tremblant de faiblesse apr\u00e8s une journ\u00e9e enti\u00e8re, pass\u00e9e sans boire et sans manger, dans un travail soutenu, r\u00e9solut de mettre fin lui-m\u00eame \u00e0 une telle fureur du jeu. Pensant au chemin qu&#8217;il avait encore \u00e0 faire pour rentrer chez lui, et sentant un certain malaise de la r\u00e9union de tout ce qu\u2019il y avait de sinistre autour de lui, il s\u2019adresse soudain \u00e0 ces joueurs \u00e9ternels et leur dit : Messieurs, payez-moi pour mes peines, je ne puis rester plus longtemps !<\/p>\n<p>A peine eut-il dit cela que tous les joueurs lui jet\u00e8rent des regards farouches, se mirent \u00e0 vocif\u00e9rer contre lui de toute la force de leurs poumons et vinrent courir vers lui en le mena\u00e7ant des poings et des boules qu&#8217;ils tenaient en mains. A cette vue, Fran\u00e7ois se sauva de toute la vitesse de ses jambes, et alla courir au bas de la montagne, s\u2019estimant heureux de pouvoir se tirer encore d\u2019un cercle qu\u2019ils commen\u00e7aient \u00e0 former autour de lui. Mais les joueurs de leur c\u00f4t\u00e9, s\u2019\u00e9tant empar\u00e9s des quilles et des boules, se mirent \u00e0 courir apr\u00e8s lui, et voyant qu\u2019ils ne pouvaient plus l\u2019atteindre, ils s\u2019arr\u00eat\u00e8rent et lanc\u00e8rent apr\u00e8s lui tout ce qu\u2019ils avaient en main, quilles et boules qui all\u00e8rent rouler vers lui, et tomb\u00e8rent autour de lui comme une mitraille, sans cependant l&#8217;atteindre. Il n\u2019y eut qu\u2019une seule quille qui vint tomber entre ses jambes et de d\u00e9pit d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 si mal pay\u00e9 pour les peines qu\u2019il s\u2019\u00e9tait donn\u00e9, pendant toute la journ\u00e9e, il la ramassa et se sauva avec elle en criant \u00e0 ses pers\u00e9cuteurs : puisque vous ne voulez pas me payer, je vous emp\u00eacherai au moins de jouer plus longtemps !<\/p>\n<p>Rentr\u00e9 chez lui, il raconta sa mauvaise aventure \u00e0 sa femme, d\u00e9posa sa quille sur la table et alla se coucher. Mais quel ne fut pas son \u00e9tonnement quand le lendemain matin, ayant voulu \u00f4ter sa quille de sa table pour la lancer dans un coin, il ne put la soulever ! Elle \u00e9tait chang\u00e9e en une quille d\u2019or massif !&#8230; Grand Dieu, dit-il \u00e0 sa femme, avec qui ai-je donc jou\u00e9 hier ? Que n\u2019ai-je donc aussi emport\u00e9 les autres quilles et les boules ! Mais viens plut\u00f4t, je connais parfaitement la place o\u00f9 elles sont tomb\u00e9es, autour de moi ; allons les chercher. Ce fut en vain, ils ne trouv\u00e8rent plus rien du tout. Il alla m\u00eame dans le foss\u00e9 o\u00f9 le jeu avait eu lieu la veille, mais son \u00e9tonnement ne fit que redoubler, car pas un brin d\u2019herbe, n\u2019y \u00e9tait d\u00e9rang\u00e9, on ne voyait plus rien ni du chemin que les boules avaient profond\u00e9ment labour\u00e9, ni de la place o\u00f9 les quilles avaient \u00e9t\u00e9 dress\u00e9es, et qui la veille avait \u00e9t\u00e9 remu\u00e9e et boulevers\u00e9e comme les glacis d\u2019une ville assi\u00e9g\u00e9e et bombard\u00e9e ; tout \u00e9tait couvert d\u2019un gazon frais et riant.<\/p>\n<p>Rentr\u00e9 chez lui, Fran\u00e7ois \u00e9changea sa quille d\u2019or contre de l\u2019argent comptant, agrandit sa petite maison, acheta des champs et des prairies et devint un bourgeois fortun\u00e9, qui raconta souvent depuis son aventure.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 l&#8217;article du mois pr\u00e9c\u00e9dent, voici les 2 derni\u00e8res l\u00e9gendes extraites du livre\u00a0\u00a0d\u2019Armand KIEFFER\u00a0 sur le Guirbaden (1968), qu&#8217;il avait retranscrites du manuscrit\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0de 1862 du cur\u00e9 KRAMER de Niederhaslach. 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